Je reviens à la source de ma danse : la Danse-Escalade avec une prise, un mouvement. J’aime déclamer des poèmes. Sans corde d’escalade mais avec mes cordes vocales, mon corps entier révèle un mouvement qui monte et qui descend. Car une descente n’est pas indécente quand le sommet est une voie sans issue. Les prises d’escalade en bois de hêtre comme les mots me donnent l’élan d’une nouvelle révélation.
Dans le dos de chaque grimpeur, il y a le vide. Sans le vide, le grimpeur existe-t-il ? Entre les prises, il n'y a rien. Le mouvement naît-il de cet espace ? Dans la paroi, il y a des prises creuses. Sont-elles un refuge pour mes doigts ? Dans mon esprit, je fais le vide. Mes pensées sont-elles plus pesantes que mon corps ? N'y a-t-il pas un lien entre tous ces vides ?
Je sculpte une nouvelle prise de Danse-Escalade. Elle est en bois de hêtre. Je n'ai pas besoin de prendre du pétrole entre les mains pour danser. Elles sont commercialisées par la société FAYA qui a une démarche vertueuse ; elle récupère les chutes de bois de la scierie voisine pour sculpter ses prises. Je pense qu'il y a une place sur les murs d'escalade pour la sensibilité à la qualité de la préhension et de la gestuelle.
Je remercie la vie de m'avoir donné la créativité, aux dépends de sa rentabilité […] |